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J’ai interviewé le père des start-up d’état le week-end dernier

Pierre Pezziardi

Pierre Pezziardi crée des start-up d’Etat au SGMAP.

J’étais le week-end dernier à Bercy pour rencontrer Pierre Pezziardi, l’auteur de l’informatique conviviale (Paru chez Eyrolles) un petit ouvrage qui m’a bien inspiré quand je travaillais à adapter les indicateurs de la TOC à la gestion de patrimoine immobilier, notamment la dette technique. Il nous fait découvrir le concept détonnant de start-up d’état. Profitez de cet interview exceptionnel et notez bien la recette Comment innover en milieu réputé hostile à tout changement.

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Pour la transcription de l’interview, il faudra attendre que mon transcripteurs ait réparé son ordinateur :-(.

Le SGMAP héberge les start-up d’état à Bercy

Si vous avez du mal à comprendre de quoi nous parlons, sachez que le SGMAP est le secrétariat général pour la modernisation de l’action publique.
image bureau sgmap

Concrètement, en quoi une start-up d’état pourrait nous aider ?

Quelques éléments d’illustration : Que signifie Dites le nous une fois et un système basé sur la confiance ?

Ma fille Amy, dont parle Pierre au début de l’interview, est en classe de seconde Abibac. Elle est demi-pensionnaire dans un lycée de la Région. Or la Région propose une prime de rentrée, à laquelle elle a droit, à la condition que je justifie qu’elle est scolarisée car elle aura 16 ans l’été prochain.
Quand je devrai payer sa cantine, la Région me croira sur parole qu’elle est scolarisée. Mais pour avoir la prime de rentrée de la Région, je dois d’abord fournir un certificat de scolarité qui prouve qu’elle est scolarisée dans un lycée de la Région. Vous me direz qu’au milieu se trouve l’éducation nationale qui opère le système d’enseignement. Mais justement, ce n’est pas mon problème, ce n’est pas le problème de l’usager que de savoir qui opère quoi. Seul importe que le service soit délivrée par « la puissance publique ».

Un mois plus tard, je dois fournir un certificat de scolarité au CNAS car Amy aura 16 ans dans un an. Je dois donc prouver qu’elle sera scolarisé l’été prochain quand elle aura 16 ans. Le paradoxe est que l’année des secondes Abibac finit le 10 juin et qu’elle ne sera pas scolarisée quand elle aura 16 ans. Elle est sensée être en stage en Allemagne à cette date ! Et j’ai déjà fourni cette information à la Région.
Dites le nous une fois signifierait que la simple inscription au lycée déclenche automatiquement le transfert d’information à la Région, qui en a besoin pour son processus de traitement des primes de rentrée, au CNAS qui en a besoin pour son processus de traitement du SFT, et pour tous les autres qui vont encore me demander de prouver que ma fille sera scolarisée ici ou là quand elle aura 16 ans. Ce serait un monde orienté service au public et non pas orienté bureaucratie.

Donc vivement une start-up, d’état, de région ou de je ne sais où, qui décloisonne et face fonctionner les machines à notre service et non pas l’inverse.

La vérité sur le référendum pour le Conseil d’Alsace

De quoi s’agit-il ?

Le 7 avril, les alsaciens en âge de voter se prononcent par référendum pour décider s’ils veulent réduire le mille feuille administratif et fusionner les deux départements et la région en une seule collectivité territoriale.

Ils devront répondre à la question suivante par Oui ou Non :

Approuvez-vous le projet de création d’une Collectivité Territoriale d’Alsace, par fusion du Conseil Régional d’Alsace, du Conseil Général du Bas-Rhin et du Conseil Général du Haut-Rhin ?

Savoir s’il vaut mieux répondre Oui ou Non ne m’intéresse pas dans cet article. Ce qui m’intéresse est l’approche marketing et le processus pour convaincre les alsaciens d’aller voter.

Faut-il s’agiter ?

Pour que la fusion ait lieu, il est nécessaire que le Oui l’emporte lors du référendum le 7 avril il faut que

« dans chacun des départements concernés, l’accord de la majorité absolue des suffrages exprimés, correspondant à un nombre de voix au moins égal au quart des électeurs inscrits. » Et cela signifie que la moitié de 25 % des inscrits de chaque département votent Oui. Même si nous étions tous d’accord, un taux de participation de moins de 25 % torpille le projet de fusion.

Sachant que 1 269 996 personnes sont inscrites sur les listes électorales (Source : http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?reg_id=99&ref_id=elecreg) , il faut donc convaincre 317 449 personnes d’aller voter.
J’écris ces lignes le 18 janvier soit 80 jours avant l’échéance.

Oui, il est temps de s’agiter si nous voulons que la réponse à la question ait un sens.

La capacité du processus

Un tel processus est-il possible ?

Considérons qu’une réunion publique organisée par un parti d’envergure est un succès quand elle attire 10 personnes qui ne sont pas déjà convaincues. Je sais, cela semble peu, mais j’étais candidat aux législatives et aux Européennes, j’ai représenté Espéranto-France dans plusieurs réunions de campagne d’autres partis politiques, et je pense qu’en dehors des grands meeting des présidentielles, attirer 10 à 50 personnes dans une ville moyenne est un exploit. En 10 ans d’activité, je ne l’ai jamais vécu. Et cette fois, le sujet n’intéresse personne et le monde traverse une crise sans précédent.

Pour toucher 317 449 personnes en 80 jours, à raison de 10 personnes par réunion, il faut 400 réunions publiques par jour !

Je pense que les grands élus ne vont pas ménager leur peine, ils vont tenir au moins une réunion par jour. Même si elle touche 50 personnes à chaque fois, cela représente 4000 personnes au total. On est loin du compte. Admettons que je me sois trompé d’un facteur 10, on reste loin du compte.

Le processus « Toucher l’électorat par des réunions publiques » n’est pas adapté à l’enjeu. Il n’a pas la capacité à changer d’échelle.

Que peuvent les médias

Les médias touchent plus de monde mais l’objectif des médias est de faire de l’audience. Or le sujet est inconnu du grand public et n’intéresse pas grand monde. L’intérêt des médias n’est pas de parler 80 fois de ce référendum.

On peut s’attendre au service minimum. 300 à 400 000 téléspectateurs touchés une ou deux fois. Or les études marketing montrent qu’il faut 3 contacts pour que le message soit remarqué et 7 fois pour qu’il soit compris. A moins d’un effort publicitaire génial, mais où se cache ce génie et quel intérêt aurait-il à le faire ?

Je viens de recevoir le journal de la région Alsace. Heureusement, il ne parle que du référendum  du 7 avril. Il est plutôt bien fait et je ne l’ai que survolé car il ne faut pas rêver, les citoyens normaux ne vont pas le lire.

Image de la couverture du numéro consacré au référendum

Le journal de la Région est édité à 733 000 exemplaires.

Avec une telle diffusion, j’aurais espoir si 10 numéros étaient prévus. J’ai peur que ce numéro spécial référendum ne soit unique dans son espèce.

Qui va gagner

Avec une participation digne d’une élection cantonale, soit 44 %, cela peut passer . Je pense que nous aurons entre 250 000 et 350 000 votants avec une forte majorité de Oui. Le Conseil unique d’Alsace peut passer, mais la vérité est que la météo va déterminer le taux de participation, et donc le résultat. A moins que les alsaciens ne se bougent, s’il fait beau, nous serons tous perdants et nous allons rater cet évènement historique.