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Je veux produire et vendre plus en me focalisant sur LE facteur limitant.

La vérité sur le référendum pour le Conseil d’Alsace

De quoi s’agit-il ?

Le 7 avril, les alsaciens en âge de voter se prononcent par référendum pour décider s’ils veulent réduire le mille feuille administratif et fusionner les deux départements et la région en une seule collectivité territoriale.

Ils devront répondre à la question suivante par Oui ou Non :

Approuvez-vous le projet de création d’une Collectivité Territoriale d’Alsace, par fusion du Conseil Régional d’Alsace, du Conseil Général du Bas-Rhin et du Conseil Général du Haut-Rhin ?

Savoir s’il vaut mieux répondre Oui ou Non ne m’intéresse pas dans cet article. Ce qui m’intéresse est l’approche marketing et le processus pour convaincre les alsaciens d’aller voter.

Faut-il s’agiter ?

Pour que la fusion ait lieu, il est nécessaire que le Oui l’emporte lors du référendum le 7 avril il faut que

« dans chacun des départements concernés, l’accord de la majorité absolue des suffrages exprimés, correspondant à un nombre de voix au moins égal au quart des électeurs inscrits. » Et cela signifie que la moitié de 25 % des inscrits de chaque département votent Oui. Même si nous étions tous d’accord, un taux de participation de moins de 25 % torpille le projet de fusion.

Sachant que 1 269 996 personnes sont inscrites sur les listes électorales (Source : http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?reg_id=99&ref_id=elecreg) , il faut donc convaincre 317 449 personnes d’aller voter.
J’écris ces lignes le 18 janvier soit 80 jours avant l’échéance.

Oui, il est temps de s’agiter si nous voulons que la réponse à la question ait un sens.

La capacité du processus

Un tel processus est-il possible ?

Considérons qu’une réunion publique organisée par un parti d’envergure est un succès quand elle attire 10 personnes qui ne sont pas déjà convaincues. Je sais, cela semble peu, mais j’étais candidat aux législatives et aux Européennes, j’ai représenté Espéranto-France dans plusieurs réunions de campagne d’autres partis politiques, et je pense qu’en dehors des grands meeting des présidentielles, attirer 10 à 50 personnes dans une ville moyenne est un exploit. En 10 ans d’activité, je ne l’ai jamais vécu. Et cette fois, le sujet n’intéresse personne et le monde traverse une crise sans précédent.

Pour toucher 317 449 personnes en 80 jours, à raison de 10 personnes par réunion, il faut 400 réunions publiques par jour !

Je pense que les grands élus ne vont pas ménager leur peine, ils vont tenir au moins une réunion par jour. Même si elle touche 50 personnes à chaque fois, cela représente 4000 personnes au total. On est loin du compte. Admettons que je me sois trompé d’un facteur 10, on reste loin du compte.

Le processus « Toucher l’électorat par des réunions publiques » n’est pas adapté à l’enjeu. Il n’a pas la capacité à changer d’échelle.

Que peuvent les médias

Les médias touchent plus de monde mais l’objectif des médias est de faire de l’audience. Or le sujet est inconnu du grand public et n’intéresse pas grand monde. L’intérêt des médias n’est pas de parler 80 fois de ce référendum.

On peut s’attendre au service minimum. 300 à 400 000 téléspectateurs touchés une ou deux fois. Or les études marketing montrent qu’il faut 3 contacts pour que le message soit remarqué et 7 fois pour qu’il soit compris. A moins d’un effort publicitaire génial, mais où se cache ce génie et quel intérêt aurait-il à le faire ?

Je viens de recevoir le journal de la région Alsace. Heureusement, il ne parle que du référendum  du 7 avril. Il est plutôt bien fait et je ne l’ai que survolé car il ne faut pas rêver, les citoyens normaux ne vont pas le lire.

Image de la couverture du numéro consacré au référendum

Le journal de la Région est édité à 733 000 exemplaires.

Avec une telle diffusion, j’aurais espoir si 10 numéros étaient prévus. J’ai peur que ce numéro spécial référendum ne soit unique dans son espèce.

Qui va gagner

Avec une participation digne d’une élection cantonale, soit 44 %, cela peut passer . Je pense que nous aurons entre 250 000 et 350 000 votants avec une forte majorité de Oui. Le Conseil unique d’Alsace peut passer, mais la vérité est que la météo va déterminer le taux de participation, et donc le résultat. A moins que les alsaciens ne se bougent, s’il fait beau, nous serons tous perdants et nous allons rater cet évènement historique.

Un serious game pour service public

L’objet de ce blog étant de faire mieux avec moins en utilisant du Lean et de la TOC dans les services publics, je me demande presque tous les jours

 

Pourquoi ne sommes-nous pas excellents ?

Qu’est-ce qui nous empêche de gagner en maturité collective ?

Je travaille dans le service public, j’observe le système et je l’analyse pour proposer des changements en espérant qu’ils engendrent des améliorations. Si je crois à ce que je fais et à la théorie des contraintes alors il existe peu de causes profondes qui engendrent presque tous les dysfonctionnements que nous rencontrons. L’amélioration du système est bloquée pour une et une seule raison. Il est fort probable que cette cause soit unique et à rechercher ailleurs que dans l’environnement immédiat. Elle a toutes les chances de ne pas être une cause matérielle, comme le manque d’engin de chantier ou le rendement d’un tracteur de fauchage, mais plutôt une cause immatérielle, une croyance ou une règle de fonctionnement.

 

Partager la même philosophie de management

Lorsque cette cause est l’incapacité des dirigeants à partager le but et à aller dans la même direction, la solution consiste à les former. Les entreprises privées disposent d’un jeu, The Fresh Connexion, pour mettre leurs cadres dans une entreprise de production de jus de fruits et leur faire comprendre les principes d’une bonne gestion de la chaine logistique.

« Il s’agit de simuler les décisions d’un comité de direction composé de quatre Vice-Présidents qui doivent sauver leur société en grave difficultés financières grâce à des décisions cohérentes tout au long de leur Supply Chain, depuis les clients et leurs modes de distribution jusqu’aux fournisseurs, leurs localisations et leurs modes d’approvisionnement. »

 déclare Caroline Mondon, la présidente de FAPICS qui a acquis les droits de ce serious game pour la France.

Les joueurs doivent se concerter pour prendre leurs décisions et ainsi ils expérimentent la mise en œuvre des bonnes pratiques recommandées par l’Apics. Le jeu permet d’expérimenter les conséquences de ses décisions et de vivre l’expérience des théories que l’on a apprises dans un contexte sécurisé. C’est comme une formation en simulateur de vol pour un pilote d’avion, sauf qu’il s’agit de piloter une entreprise industrielle. Le jeu oblige à comprendre les objectifs et les interactions entre toutes les fonctions d’un comité de direction.

Dans le contexte des services publics, une partie de concepts et bonnes pratiques sont transposables. Par exemple, les règles de bonne pratique APICS préconisent de réduire les en-cours pour respecter les délais de livraison ? Transposons chez nous. Si les élus réduisent le nombre de projet qu’ils imposent aux services, alors le multitâche va baisser, le temps gaspillé va baisser, les excuses qui masquent les retards vont baisser, et le taux de projet livré à temps doit augmenter. Plus on met de choses dans les tuyaux, moins cela avance. Le principe est universel, il n’y a pas de raison qu’il ne s’applique pas dans le public.

On ne peut pas réguler la demande car ce n’est pas dans l’intérêt du demandeur ? Inspirons-nous de l’expérience d’IBM, décrite dans Reaching the Goal de Johan Arthur Ricketts, pour adapter les capacités des ressources au niveau de service voulu. Je suis sûr que c’est transposable car leurs situations sont proches des situations que nous rencontrons dans nos services publics. Ce n’est pas une élucubration personnelle mais le fruit d’une discussion avec l’auteur en novembre 2011.

 

Transposer au service public ?

Faire comprendre les principes du DBR (Drum-Buffer-Rope) dans le contexte des services publics est faisable. Je l’ai déjà fait lors de formations en présentiel qui rencontrent un vif succès auprès de toutes les fonctions, du directeur général des services jusqu’aux chefs de projet et techniciens, en passant par les acheteurs, les chefs d’atelier et mécaniciens. Je sais les enchanter lors d’une formation, mais j’échoue à les influencer le jour suivant, les semaines suivantes, les mois suivants, pour qu’ils prennent des décisions selon les principes qu’ils ont découvert et qui leur semblaient pertinents lors de la formation. Quelques semaines plus tard, ils prennent des décisions qui vont exactement en sens inverse. Comment assurer la rémanence du déclic ?

 

Le seul moyen que je vois aujourd’hui serait de les faire jouer dans leur environnement avec une simulation réaliste du fonctionnement d’un service public. Les faire jouer à produire des jus de fruits ne servirait qu’à leur apporter l’excuse pour s’affranchir des nouveaux concepts : Leur monde est différent. Dans leur quotidien, ils ne produisent pas de jus de fruit mais des services publics.

 

Un jeu de simulation pour manager public ?

 

Je pense qu’une des contraintes fondamentales dans un service public est que le système n’est pas vu comme un organisme qui produit des services. Personne ne sait qui entre, ni ce qui sort, ni qui est occupé à quoi. La cartographie des processus est vue comme un outil d’intellectuel destiné à faire plaisir à l’auditeur de la certification ISO, les cartographies de flux de valeur (Value Stream Map) sont inconnues, la notion même de valeur pour l’usager est parfois totalement ignorée.

 

Je ne vois qu’une seule façon de progresser : Créer un jeu d’entreprise, un serious game, une sorte de Sim city des collectivités publiques dans lequel un groupe de dirigeants partage une expérience de pilotage d’un service public. Plutôt que de réinventer la roue, je vais m’inspirer de Fresh Connection pour créer cet environnement simulé. J’ai déjà développé des algorithmes basés sur la logique floue (fuzzification). Je sais comment traduire une assertion en calcul. Je pense que c’est un défi réalisable qui permettra une percée significative dans la prise de conscience.

 

Si vous avez des idées sur les partis pris de modélisation du fonctionnement d’un service public, vous êtes les bienvenus. J’ai quelques idées évidemment, que je présenterai dans de prochains articles, mais si vous pensez que vos idées méritent de figurer en bonne place, merci de vous exprimer dans les commentaires des articles.

Ce que le « fundamental exam » du TOCICO nous enseigne.

TOCICO ? Quel drôle de nom ! On croirait qu’il s’agit d’un organisme d’aide aux accros de la TOC. C’est presque le cas, car pour l’instant, seuls les toqués de la théorie des contraintes passent des examens dans ce domaine.

image du site tocico

 

 

Et les examens de la TOC sont définis par TOCICO. Pourquoi vouloir passer des examens dans ce domaine ?

L’examen n’est donc rien d’autre que l’évaluation d’une capacité.

Du point de vue personnel, c’est un moyen de vérifier l’atteinte d’un niveau de réflexion et de compréhension. Du point de vue du système, c’est un moyen de distinguer les individus, entre ceux qui se sont confrontés à leurs pairs et les autres. Il est pour moi très intéressant d’observer la mise en place et la diffusion de ces pratiques en Europe, et plus particulièrement en France, au moment où le système d’examen cherche sa légitimité. C’est un phénomène assez similaire et comparable à mon expérience d’examinateur accrédité pour faire passer les examens de langue du Conseil de l’Europe.

D’un côté, les anciens pratiquants ont appris avec le maître et ne sentent pas le besoin de prouver leur valeur, de l’autre, tous les nouveaux entrants ne sont pas forcément compétents ou ne peuvent pas le prouver. Ils doivent passer sous les fourches caudines de ceux qui sont déjà en place, mais qui n’ont pas passé d’examen. C’est caractéristique d’un milieu qui sort de sa période des pionniers pour entrer dans la période de diffusion de masse. Les signes extérieurs de qualité prennent de l’importance quand il n’est plus possible de connaître tous les acteurs et d’assurer la régulation par ajustement mutuel. Ceux qui ont de la compétences et de l’expérience, mais qui n’ont jamais publié de livre, et sont peu connus vont prendre le risque d’être marginalisés. Voire évincés par leurs pairs, et pire, par les nouveaux entrants qui se sont soumis aux examens.

Du point de vue personnel, comme j’ai tout appris par moi même à l’aide de livres, j’ai choisi de valider mon niveau en passant le « fundamental exam » en 2011 en Allemagne. Une journée de formation en allemand et une demi-journée d’examen en français issu d’une traduction. Tous les éléments du sujet n’étaient pas compréhensible sans ambiguité par un monolingue obtus. Ayant une petite expérience de traducteur, je m’en suis sorti en retrouvant l’original. Il faut dire que l’examen n’est pas trivial même s’il est basé sur un QCM. Il a d’ailleurs remis en question un de mes préjugés :

« Un QCM permet de contrôler l’acquisition de savoirs simples mais pas de savoir-faire ».

Et bien, cette assertion est totalement erronée ! Le QCM du fundamental exam est bien construit et permet de vérifier des savoir-faire car, pour répondre, il faut étudier et résoudrer les cas pratiques. Vous pouvez répondre au hasard, mais vous devez atteindre 70 % de bonnes réponses. Le hasard devient donc un sport périlleux. Et j’en ai la preuve car j’ai le souvenir d’avoir fait une erreur d’inattention en lisant l’énoncé du dernier exercice sur la gestion de projet par la chaine critique. J’ai fait tout l’exercice, trouvé la chaine critique, calculé tous les délais, le tampon projet et les tampons axilliaires, et coché toutes les cases avec les valeurs proposées. Puis je me suis rendu compte de mon erreur de lecture. J’ai tout repris, tout recalculé et trouvé des valeurs qui étaient également proposées ! N’est-ce pas la preuve que la solution n’était pas dans les réponses proposées ?

Moralité : Un QCM bien fait permet de vérifier la maitrise de savoir-faire.

 

Les professions de foi des candidats au crible de faire mieux avec moins.

Quel que soit le candidat élu le 6 mai 2012, il est plus que probable qu’il soit obligé de pousser le pays à faire mieux avec moins. En est-il conscient ? J’en suis certain. Sa profession de foi le laisse-t-elle transparaître ? C’est ce que je vous propose d’étudier en passant au crible de « faire mieux avec moins » le matériel électoral que vous avez reçu dans vos boites aux lettres. Et si possible sans jugement de valeur, ce qui rend l’exercice difficile car je ne souhaite pas dévoiler pour qui je penche.

 

Pour être impartiaux, définissons une grille de lecture.

 

La profession de foi montre-t-elle une prise de conscience de la baisse inéluctable des ressources ?

Montre-t-elle un désir de produire mieux ? Fais-t-on allusion à un allègement des processus (Lean), à une recherche d’effet levier dans la dépense publique (TOC) ou à la fiabilisation de la qualité de la production de services (6 sigmas) ? Nos candidats disent-ils comment ils vont s’y prendre pour atteindre leurs objectifs ? Et si ce n’est pas le cas, à quels outils un professionnel de l’excellence opérationnel pense en lisant la prose de campagne de Nicolas Sarkozy et François Hollande.

 

Commençons par le président sortant, Nicolas Sarkozy.

On y parle du contexte, de la crise dans les deux premiers paragraphes, mais dans ce texte, je perçois la crise comme une simple toile de fond. Pas de dimension systémique et sociétale. Le troisième paragraphe aborde les réformes avec « l’autonomie des universités, le service minimum dans les transports et les écoles, la baisse des dépenses publiques, la lutte contre les déserts médicaux, la mutation écologique, les investissements d’avenir ». L’autonomie peut être mise en relation avec au moins deux principes qualité, le leadership et la responsabilité. Je ne discute pas le fait qu’un service minimum, une prestation dégradée pour le client, est une avancée notable lorsqu’on ne peut pas changer de crémerie pour cause d’absence de concurrence. Le désert médical pourrait être vu comme du non-six-sigma avec des variabilités étonnantes et une concentration d’offre à des endroits inadéquats. Pour l’écologie et l’investissement d’avenir, je suis plus sceptique quand aux résultats qui seront atteints. Je ne décernerais pas beaucoup de points si on faisait une analyse EFQM du « système France » pour ces thèmes. Pour la vision pare-brise, je trouve qu’on repassera.

 

Par la suite, plusieurs paragraphes font référence à la valeur travail. Je reconnais le « lean manager » quand Nicolas Sarkozy vante la défiscalisation des heures supplémentaires et l’allègement en fonctionnaires. Je ne rejoins pas l’analyse sur la quantité de travail et les heures supplémentaires car l’analyse par la théorie des contraintes montre que la contrainte est dans le marché et non pas dans le système. La plupart de nos concitoyens ne sont pas en position de pouvoir travailler plus. Ils n’ont pas de maîtrise sur la quantité demandée. La contrainte n’est pas dans la quantité de travail qu’il fournissent au système, mais dans la part de marché du système France. Si on nous vante tant le modèle allemand, c’est justement pour sa capacité systémique à s’adresser à de nouveaux marchés. Je ne sais pas si c’est de la « mafia offer », mais pour certaines machines outils, vous pouvez acheter germanique ou germanique. Les Chinois cassent les prix mais avec des machines allemandes ! Quand on est incontournable, on peut même se permettre de donner des leçons en période olympique, souvenez-vous.

Les mesures évoquées dans la fin de la deuxième colonne font toutes références à un accroissement de la capacité de travail en France en mobilisant des chômeurs quel que soit leur age.

 

Le texte revient ensuite à l’investissement et l’avenir mais sans évoquer comment faire. Je passe sur la politique commerciale européenne car je ne comprends pas ce que cela veut dire au niveau du groupe « Europe » quand les 27 filiales nationales se tirent dans les pattes.

 

Une mention particulière pour la politique d’immigration. Je n’ai pas souvent vu des objectifs chiffrés facilement vérifiables dans une politique publique. Il faut oser, et notre président sortant ose. Je ne suis pas certain qu’une « approche factuelle pour la prise de décision », un principe fondamental de la qualité, nous montre qu’il s’agit d’une décision pertinente ou réalisable, mais ceci est un autre débat.

 

Passons à l’école avec l’objectif de s’occuper de tous les « clients » et du socle de base des apprentissages fondamentaux.C’est un engagement de service. Je ne vois pas le lien avec les drogues, ce qui n’était peut être pas le but du document, mais l’objectif a le mérite d’être clair pour ce processus. La suite est un peu fourre tout entre la famille et les actions correctives en cas de manquement d’éducation, mais peut se défendre. La notion de moyen est étrangement absente dans la fin de la troisième page, mais la volonté de faire mieux est palpable.

 

La quatrième page attaque par du « lean ». Simplifions les normes. Personnellement, j’ajouterais également une mention pour l’administration qui pourrait se simplifier elle même dans ses processus. Combien de fois inventons-nous du travail et des étapes sans valeur ajoutée pour le citoyen ? Bravo pour la gestion des normes « en-cours » et l’obligation d’en supprimer deux pour toute nouvelle création.

 

J’analyse le paragraphe sur les fuites fiscales comme la lutte contre la non-qualité. Colmatons le tuyaux et nous seront moins enclins à pomper dans l’aquifère, les poches des administrés en l’occurrence. La tirade sur la justice est également pleine d’excellence opérationnelle. Vérifions que les procédures prévues sont appliquées avant de modifier à chaque fois le dispositif.

 

Enfin, nous arrivons aux dettes. Sachant que la dernière fois où notre pays a équilibré un budget, j’étais trop jeune pour m’en rappeler, je suis impatient de trouver comment nous allons faire.

On va supprimer des fonctionnaires, sauf à l’école primaire, ce qui est cohérent avec l’objectif des savoirs fondamentaux, et on va chasser la fraude et les gaspillages. Pour les tenants de la TOC, c’est du « cost world ». Quelles conséquences sur le throughput en dehors de l’école primaire ? Je suggère un petit diagramme de Pareto, un 80/20 sur les fraude et gaspillages, car j’ai comme un doute sur le fait que ceux que la justice attrape dans ses filets soient vraiment la cause de la majeure partie des fraudes. J’ai comme l’impression qu’on pourrait mettre en lumière quelques fraudes et gaspillages qui sont le fait de peu d’individus, mais qui nous coutent très très chers en montant cumulé.

 

Je passe sur la fin qui concerne la pêche aux voix et qui conclut normalement ce type de document.

 

 

Analysons maintenant celui qu’on donne comme le favori, François Hollande.

 

La profession de foi montre-t-elle une prise de conscience de la baisse inéluctable des ressources ?

Montre-t-elle un désir de produire mieux ? Fais-t-on allusion à un allègement des processus (Lean), à une recherche d’effet levier dans la dépense publique (TOC) ou à la fiabilisation de la qualité de la production de services (6 sigmas) ? Nos candidats disent-ils comment ils vont s’y prendre pour atteindre leurs objectifs ? Et si ce n’est pas le cas, à quels outils un professionnel de l’excellence opérationnel pense en lisant la prose de campagne de Nicolas Sarkozy et François Hollande.

 

On parle du contexte et des conséquences de la crise et la première page a pour fil conducteur la justice. Ou plutôt la montée des injustices. Je ne perçois pas la baisse inéluctable des ressources à ce stade.

La troisième page ouvre sur une analyse de l’effet levier. Pour « relever », « la priorité est à l’emploi, l’investissement dans l’éducation et la formation, la reconquête de notre souveraineté industrielle et agricole, le soutient à la recherche et à l’innovation, la mise au pas de la finance, la transition écologique ». Je trouve bizarre que la reconquête de la souveraineté, qui est un objectif mais pas un levier en soi, se trouve au milieu d’actions. Un changement de paradigme est ensuite annoncé avec l’objectif de rétablir l’équilibre des finances en 5 ans. C’est un peu court comme analyse du « nuage du conflit » de la croissance, croissance indispensable pour redresser les finances, et en même temps, croissance cause de nos soucis écologique. Pour le comment faire, nous devrons payer pour voir. Je trouve que le vrai point de levier dans ce programme est la renégociation du traité européen pour un meilleur avenir. Mais est-ce faisable ? Une vision d’avenir est toujours impossible tant qu’elle n’a pas eu lieu.

 

La suite de la deuxième page revient sur la justice. Je suggère de nouveau une analyse statistique de l’effort relatif de chaque catégorie mentionnée. Nous aurions peut-être des surprises sur ce que signifie le mot justice en termes quantitatif. Face à la longue liste d’objectifs, j’aurai envie de dresser le parallèle avec le projet de Nicolas Sarkozy. L’un est centré sur la valeur travail, l’autre sur la valeur justice. Est-ce que nous arriverons à faire mieux avec plus de travail ou plus de justice ?

 

Pouvons nous obtenir les deux pour le prix d’un seul élu ?

 

Quand on entre dans la liste, on trouve quelques traits communs sur la maitrise de l’immigration ou un accès uniformément réparti pour la santé. Nous avons déjà abordé ces points en matière de six-sigma. Au détour de ce paragraphe, on nous annonce des services publics modernisés. Tout ce qui est moderne n’est pas forcément pertinent, ni efficace.

 

La quatrième page commence par un objectif, un nouveau souffle, soutenu par des moyens, non cumul des mandats, citoyens associés, et de la maitrise des processus avec une justice indépendante.

La suite revient sur la personnalité de François Hollande et se termine par la pêche aux voix.

 

 

En conclusion

Je suis conscient que mon analyse de la profession de foi de Nicolas Sarkozy est deux fois plus longue que celle de François Hollande, mais j’ai l’impression que l’original est également beaucoup plus dense. J’ai fait le choix de l’ordre de traitement au hasard sans avoir ouvert les documents auparavant. Certaines similitudes sont frapantes, certains appels à certaines catégories d’électeurs sont franchement visibles, dans les deux documents, comme si les traits de construction n’avaient pas été effacés. Je conserve un sentiment confus. Le système « France » va-t-il s’orienter vers « mieux avec moins » ?

Si mon analyse a pu vous aider à faire votre choix et avoir foi dans l’avenir de nos services publics, tant mieux. Sinon, j’essaierai de faire mieux la prochaine fois :-).

 

 

Que signifie la phrase de Goldratt « un système a peu de contraintes » ?

La théorie des contraintes est ce corpus de pensée que l’on doit au physicien Eliyahu Godratt. Vous trouverez sur internet des dizaines de commentaires sur le roman « Le but » par qui tout a commencé, autant dans Wikipedia que dans des pages privées, comme le blog de Joël-Henri Grossard . Je n’ai pas l’intention d’en remettre une couche car mon propos est de traiter les outils de l’excellence opérationnelle et les écoles de pensée comme la TOC, Lean, Six-sigma et les référentiels qualité, au crible du milieu particulier que sont les services publics.

Qui a peu de contraintes ?

Un des postulats fondateurs de la TOC est qu’un système complexe a peu de contraintes ? Qu’est-ce que cela signifie clairement ?

Si l’on traduit cette affirmation en termes opérationnels, cela signifie simplement qu’un service public quelconque a beaucoup de chances d’être limité dans le rythme auquel il atteint son but par un et un seul facteur. Il existe vraisemblablement un facteur, la contrainte, par lequel on peut améliorer drastiquement l’atteinte du but. C’est parfois une ressource physique mais plus souvent, il s’agit d’une règle de fonctionnement.

Comment est-ce possible ?  Vous pensez peut-être : « C’est peut-être vrai dans le privé, mais dans le public, cela ne peut pas être vrai. Les choses sont beaucoup plus complexes ».

Et pourtant, même si les services publics sont complexes, cette affirmation porte l’espoir qu’il soit possible de mieux faire fonctionner les services public par le management de la ressource contrainte. Et tout de suite. Pas dans 5 ans après des dizaines de millions d’investissement dans un logiciel miracle. Non tout de suite. Plus votre système est complexe plus il y a de chances que la contrainte soit quelque chose de générique et généraliste. Une contrainte liée à une croyance qui engendre des règles dépassées. Une contrainte qui peut être vaincue sans investissement en dur. Pas comme la capacité d’un four limite un sidérurgiste, car on ne peut pas le doubler d’un claquement de doigt.

A quoi ressemble ce genre de contrainte ?

Souvent à un conflit. Tout en bas de notre raisonnement de type cause à effet nous allons trouver un dilemne. La TOC fournit un outil pour formaliser ce qu’elle appelle  « le nuage du conflit ». Il s’agit d’une volonté et de son contraire. Voici un exemple au niveau gouvernemental :

Le nuage actuel du système gouvernemental américain est bien résumé par la phrase « Absolue nécessité de lancer une détente quantitative n°3 et en même temps, impossibilité absolue de le faire ». Si la FED ne crée pas de l’argent à partir de rien et ne l’injecte pas dans l’économie américaine, le système se bloque et la promesse de croissance infinie va s’arrêter. D’un autre côté, si la FED crée de l’argent à partir de rien pour continuer à acheter de vrais produits (Pétrole, produits chinois, terres rares etc…) avec de la monnaie de singe, les vendeurs de ces produits vont perdre confiance. En continuant à créer de l’argent, la FED va faire exploser le dollar. Et si elle ne le fait pas, elle fait exploser le système social. C’est cela, un nuage du conflit. C’est le genre de conflit dont on ne peut sortir qu’en changeant de paradigme, et les humains essaient toutes les autres solutions avant de changer de paradigme.

Et au niveau inférieur, au niveau des états de l’euroland, de nos régions, départements, comcom et communes ? Comment s’exprime le nuage du conflit actuellement ? Qu’en pensez-vous ? Exprimez-vous dans les commentaires.

Et en cadeau, voici comment Philip Marris exprime les 3 types de contraintes

 

Faire plus avec moins

Une entreprise qui n’est pas performante fait fuir ses clients, ses moyens fondent comme neige au soleil et elle finit par disparaître. C’est normal, c’est la vie et la mort des organismes vivants. Si elle produit un bien ou service dont la jouissance ne peut être réservée uniquement à ses clients, dans le sens où ceux qui ne paient pas peuvent quand même en profiter même sans avoir payé, c’est que l’on se trouve face à un service public. Peu importe qu’on l’appelle « service d’intérêt collectif », « service public » ou « administration ». C’est le même principe. A quoi bon payer en tant que consommateur si tout le monde en profite ? Le modèle commercial ne serait pas rentable pour un tel organisme. Seul l’impôt peut financer ce genre de service collectif.

Quel est le but d’une administration ?

Cette définition répond à une question fréquente, est-ce que leur but est de « gagner de l’argent aujourd’hui et demain » ( pour reprendre l’auteur du but, Eliyahu Goldratt) ? Clairement non. Ces organisations n’ont pas besoin d’être rentables car, par construction, elles peuvent pas être « rentables ». Et elles ne disparaissent pas quand elles sont inefficaces. Pourtant, nous attendons tous qu’elles soient plus performantes, qu’elles atteignent mieux leur but, plus vite et en consommant moins de ressources. En cas de crise, leurs moyens sont en chute libre alors que les besoins de leurs « clients », la population qui les paie par ses impôts sont en baisse. C’est l’effet ciseau. Il est alors urgent d’agir pour faire plus avec moins. Mais comment faire ?

 

Des tonnes d’outils et bonnes pratiques attendent à leurs portes.

Ce sont les outils de l’excellence opérationnelle, ceux préconisé par les entreprises privées. Ce sont le « lean », « six sigma », « l’iso 9001 », « l’efqm », et mon préféré, « la toc ». La théorie des contraintes.

Il est possible d’utiliser et d’adapter ces outils dans un contexte non mercantile. c’est ce que je fais depuis bientôt 2 décennies, et j’ai décidé de vous en faire profiter. Ce n’est pas facile, il faut souvent penser par analogie, remonter aux causes profondes qui créent les conditions dans lesquelles, nous, élus, fonctionnaires, contractuels ou consultant, travaillons. La période est propice, nos populations ont besoin que nous soyons plus performants. Nous avons besoin de transformer notre administration en « bête de course ».

Je suis sûr que nous pouvons y parvenir tous ensembles. Je vous souhaite donc la bienvenue sur ce blog qui nous servira de plateforme d’échange car vous pouvez commenter les articles. J’espère que nous aurons également des discussions intéressantes sur « le but d’un service public ? », une question volontairement éludée dans cet article.